Les marches thérapeutiques de Mme Guo Lin

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Les marches thérapeutiques de Mme Guo Lin

Les marches thérapeutiques de Mme Guo Lin

Il existe de nombreuses biographies de Mme Guolin disponibles sur le net. Cet article vise plutôt à montrer son rôle déterminant dans le développement du qigong en chine, et le courage qui fut le sien dans le contexte politico social du pays dans les années 70.

Mme Guo Lin, une artiste peintre de la province du Guangdong atteinte de cancer, s’est guérie en pratiquant le qigong dans les années 60, et a ensuite enseigné sa méthode dans les parcs de Beijing (Pékin) dès 1971.

Sa « nouvelle thérapie par le qigong » a inauguré d’une nouvelle forme d’enseignement du qigong et d’une façon de pratiquer qui sera ensuite adoptée par la plupart des maîtres de qigong. On peut ainsi dire que Mme Guolin a véritablement initié la nouvelle vague du Qigong des années 80.

Son premier étudiant, en 1970, un ouvrier qui souffrait d’une grave maladie cardiaque, a été guéri après avoir pratiqué son qigong. Son deuxième étudiant, un ouvrier d’usine, fut guéri d’un cancer de l’estomac après une année de pratique assidue sous la guidance de Mme Guo Lin. Encouragée par ces résultats et par le nombre croissant de personnes qui voulaient pratiquer son qigong, elle commence d’enseigner sa méthode publiquement au parc Dongdan de Beijing en 1971.

Le bouche à oreille fonctionna, le nombre de pratiquants augmenta, et beaucoup retrouvèrent la santé. Mme Guolin organisa ses étudiants en groupes de pratique et leur enseigna la théorie et la pratique de sa « nouvelle thérapie par le qigong ». Elle créa des techniques différentes pour répondre aux situations diverses de ses différents patients.

Accusée de tromperie et d’être engagée dans des pratiques superstitieuses, elle fut chassée du parc Dongdan par les autorités. Deux de ses assistants furent arrêtés et emprisonnés pendant 20 jours, sa maison perquisitionnée et tout son matériel confisqué. Entre 1971 et 1977, Mme Guolin fut interrogée 7 fois par le bureau de la sécurité publique.

En dépit de toutes ces difficultés, le nombre de personnes venant pratiquer avec elle grandit jusqu’à ce qu’elle soit amenée à former des instructeurs pour diriger des groupes dans d’autres parcs. Une organisation informelle de pratiquants fut crée pour étudier et diffuser sa méthode. Le succès fut si grand qu’elle abandonna son projet d’immigrer aux Etats-unis ou sa fille vivait.

Elle commença de bénéficier de l’appui de certains cadres du parti (communiste) qui avaient utilisé sa méthode. Finalement, en 1977, deux officiels de l’école normale de Beijing prirent le risque de mettre à sa disposition des locaux pour qu’elle y exerce ses activités. Mao était mort, et la révolution culturelle loin derrière. En sentant le nouveau climat politique , Mme Guolin présenta un rapport au ministère de la santé résumant ses 7 années de pratique et les résultats obtenus dans le traitement du cancer.

Elle put commencer d’organiser des cours réguliers à l’école normale de Beijing et fut invitée à tenir des conférences dans des dizaines d’universités, usines et administrations. Des milliers de personnes commencèrent à apprendre sa méthode de qigong dans les parcs et espaces publiques de tout le pays.

La révolution culturelle avait donc échouée à éradiquer le qigong. La plupart des maîtres avaient soit quitté le pays, soit continué de transmettre leur techniques en secret. Mme Guolin, en bravant l’interdit, en enseignant en public dans les parcs, avait libéré le qigong des institutions médicales et des maîtres traditionnels. Une nouvelle pratique du qigong était née. Au début des années 80, il n’était pas rare de voir dans un même parc de Beijing, certains matin, plus d’une dizaine de méthodes de qigong différentes pratiquées en même temps…

Jusqu'en 1999, et la répression brutale de l'école de qigong du Falungong....Mais ceci est une autre histoire...

Yves Lorand

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